La crise de la conscription de 1917 et les nationalismes (1896-1945)

📚 History 🎓 Secondaire 4 🕐 18 min read 📅 septembre 14, 2026
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En bref : les nationalismes et l’autonomie du Canada (1896-1945)

  • La crise de la conscription de 1917 divise le Canada français et le Canada anglais après l’adoption de la Loi du service militaire
  • Le Statut de Westminster (1931) accorde au Canada l’autonomie complète face à l’Empire britannique, y compris en politique étrangère
  • La crise de la conscription de 1942 se joue par un plébiscite : 72,9 % des Québécois votent contre, 64,2 % du reste du Canada vote pour
  • Ces tensions font monter deux nationalismes distincts : le nationalisme canadien-français (autonomiste) et le nationalisme pancanadien

Entre 1896 et 1945, la crise de la conscription de 1917, le Statut de Westminster de 1931 et un second plébiscite sur la conscription en 1942 redessinent les rapports entre Canadiens français et Canadiens anglais, dans un contexte d’autonomie croissante du Canada face à l’Empire britannique. Cette période constitue la deuxième des quatre sections fixes de l’épreuve unique d’histoire de 4e secondaire — ce guide résume les faits, les dates et les figures vérifiées à connaître.

Qu’est-ce que la crise de la conscription de 1917 ?

La crise de la conscription de 1917 éclate lorsque le gouvernement conservateur de Robert Borden fait adopter la Loi du service militaire, déposée le 11 juin 1917, adoptée le 24 juillet 1917 par 102 voix contre 44, et entrée en vigueur le 29 août 1917. La Chambre des communes se divise nettement selon la langue : la majorité des députés anglophones appuient la conscription obligatoire, tandis que les députés francophones s’y opposent, menés notamment par le chef nationaliste Henri Bourassa. L’élection dite « kaki » du 17 décembre 1917 porte au pouvoir la coalition unioniste de Borden dans toutes les provinces sauf le Québec, et la crise dégénère en émeutes à Québec entre le 30 mars et le 1er avril 1918.

À retenir : la conscription de 1917 est perçue par une large part de la population canadienne-française comme une guerre impériale britannique imposée par Ottawa, et non comme une cause nationale canadienne.

Comment le Statut de Westminster donne-t-il l’autonomie du Canada en 1931 ?

Le Statut de Westminster de 1931 donne au Canada et aux autres dominions britanniques le droit de gouverner et de légiférer en toute indépendance, sans avoir besoin de l’accord du Parlement de Londres. Avant 1931, le Canada dirige déjà ses propres affaires intérieures, mais dépend encore de Londres pour toutes les questions de politique étrangère ; après 1931, il peut établir des relations diplomatiques avec n’importe quel pays d’égal à égal. Cette autonomie accrue s’inscrit directement dans la continuité des tensions nées de la crise de la conscription de 1917, qui avait déjà exposé le désaccord entre le Canada et les engagements militaires de l’Empire britannique.

En quoi la crise de la conscription de 1942 diffère-t-elle de celle de 1917 ?

La crise de 1942 se joue par un plébiscite plutôt que par une loi imposée directement, et ses résultats révèlent un clivage encore plus net entre le Québec et le reste du Canada. Tenu le 27 avril 1942, le plébiscite demande si la population accepte de libérer le gouvernement fédéral de sa promesse de ne pas imposer la conscription pour le service outre-mer. Voici les faits vérifiés qui distinguent les deux crises :

AspectCrise de 1917Crise de 1942
MécanismeLoi du service militaire adoptée directement par le Parlement (24 juillet 1917)Plébiscite national demandant de libérer le gouvernement de sa promesse (27 avril 1942)
Résultat au QuébecRejet massif, traduit en votes contre la coalition unioniste de Borden72,9 % des Québécois votent contre; 64,2 % du reste du Canada vote pour
Réaction sur le terrainÉmeutes à Québec du 30 mars au 1er avril 1918Fondation du Bloc populaire canadien en 1942 par des opposants à la conscription
Conséquence politiqueVictoire de la coalition unioniste de Borden dans toutes les provinces sauf le QuébecDéfaite du gouvernement libéral provincial d’Adélard Godbout aux élections québécoises de 1944
Ligne du temps : les nationalismes et l’autonomie du Canada (1896-1945) 1896 Laurierpremier ministre 1903 Ligue nationalistecanadienne (Bourassa) 1917 Loi du servicemilitaire (24 juillet) 1918 Émeutes de laconscription à Québec 1931 Statut deWestminster 1942 Plébiscite sur laconscription (27 avril) 1945 Fin de la SecondeGuerre mondiale

De l’arrivée au pouvoir de Laurier (1896) à la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945) : sept étapes vérifiées à connaître pour l’examen.

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Pourquoi deux nationalismes distincts émergent-ils durant cette période ?

Deux nationalismes distincts émergent de ces tensions : le nationalisme canadien-français, porté par Henri Bourassa et sa Ligue nationaliste canadienne fondée en 1903, et un nationalisme pancanadien qui cherche à affirmer le Canada tout entier face à l’Empire britannique. Le nationalisme canadien-français se nourrit directement des deux crises de la conscription : en 1942, des opposants à la conscription fondent le Bloc populaire canadien, un parti qui milite à la fois pour l’autonomie du Canada envers Londres et pour une plus grande autonomie du Québec au sein du Canada.

⚠️ Une distinction à ne pas confondre à l’examen

Certains historiens soulignent que le nationalisme de Bourassa ne visait pas l’indépendance du Québec, mais une plus grande autonomie du Canada et des provinces à l’intérieur de la fédération et de l’Empire britannique — une nuance importante que l’épreuve unique demande souvent de faire, plutôt que d’assimiler ce courant à un projet souverainiste.

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Comment cette période s’inscrit-elle dans l’examen ministériel d’histoire ?

Les nationalismes et l’autonomie du Canada (1896-1945) forment la deuxième des quatre périodes fixes et également pondérées de l’épreuve unique d’histoire de 4e secondaire, qui compte pour 50 % de la note de compétence. Cette période suit directement la formation du régime fédéral canadien (1840-1896) et précède la modernisation du Québec et la Révolution tranquille (1945-1980), la troisième période à l’examen.

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❓ Questions fréquentes

Q1 : Quand la crise de la conscription de 1917 a-t-elle eu lieu ?

R : La Loi du service militaire est adoptée le 24 juillet 1917 et entre en vigueur le 29 août 1917. L’élection kaki du 17 décembre 1917 porte au pouvoir la coalition unioniste de Borden, et des émeutes éclatent à Québec entre le 30 mars et le 1er avril 1918.

Q2 : Qu’est-ce que le Statut de Westminster de 1931 ?

R : Le Statut de Westminster de 1931 donne au Canada l’autonomie complète en matière de politique étrangère, sans avoir besoin de l’accord du Parlement de Londres pour légiférer ou établir des relations avec d’autres pays.

Q3 : Qu’est-ce que le plébiscite de 1942 sur la conscription ?

R : Tenu le 27 avril 1942, le plébiscite demande si la population accepte de libérer le gouvernement fédéral de sa promesse de ne pas imposer la conscription. Le Québec vote contre à 72,9 %, tandis que le reste du Canada vote pour à 64,2 %.

Q4 : Quelle est la différence entre les crises de la conscription de 1917 et de 1942 ?

R : En 1917, la conscription est imposée directement par une loi adoptée au Parlement. En 1942, elle passe d’abord par un plébiscite national ; la crise est politiquement marquante, menant à la fondation du Bloc populaire canadien et à la défaite du gouvernement Godbout en 1944.

Q5 : Qui est Henri Bourassa ?

R : Henri Bourassa est le fondateur de la Ligue nationaliste canadienne en 1903, une figure centrale du nationalisme canadien-français qui s’oppose à l’impérialisme britannique et défend l’autonomie du Canada et des provinces.

Q6 : Cette période est-elle couverte à l’examen ministériel d’histoire de secondaire 4 ?

R : Oui. Les nationalismes et l’autonomie du Canada (1896-1945) forment la deuxième des quatre périodes fixes et également pondérées de l’épreuve unique d’histoire de 4e secondaire.

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Conclusion

Les nationalismes et l’autonomie du Canada (1896-1945) se résument à trois faits vérifiés : la crise de la conscription de 1917, le Statut de Westminster de 1931, et la crise de la conscription de 1942 réglée par plébiscite. Ces trois moments alimentent deux nationalismes distincts, canadien-français et pancanadien, qu’il faut savoir distinguer clairement à l’examen plutôt que de les confondre.

À retenir :

  • ✅ La Loi du service militaire est adoptée le 24 juillet 1917, l’élection kaki a lieu le 17 décembre 1917
  • ✅ Le Statut de Westminster (1931) donne au Canada l’autonomie complète en politique étrangère
  • ✅ Le plébiscite de 1942 (27 avril) révèle un clivage net : 72,9 % contre au Québec, 64,2 % pour ailleurs
  • ✅ Le nationalisme canadien-français de Bourassa vise l’autonomie, pas la séparation — une nuance à respecter à l’examen

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